Regards actuels sur
La Figuration narrative
4 juillet - 19 septembre 2026
Valerio Adami | Gilles Aillaud | Eduardo Arroyo | René Bértholo | Henri Cueco | Dado | Erró | Franta | Alain Jacquet | Gérard Fromanger | Peter Klasen | Jacques Monory | Bernard Rancillac | Peter Saul | Peter Stämpfli | Gérard Schlosser | Hervé Télémaque | Jan Voss |
Dans les années 1970, dans une société en pleine mutation, une société assaillie par les images de la publicité, du cinéma, de la photographie et de la bande dessinée… les artistes de la Figuration Narrative vont marquer un tournant dans l’histoire de l’Art. Contrairement au Pop art où l’objet de consommation est au centre de la culture populaire, ce mouvement historique, par son imagerie caustique et critique, sa figuration engagée et réaliste, visait déjà une contestation morale et politique du consumérisme. Prémices d’un désastre écologique et économique, faisant étrangement écho aux bouleversements de la décennie actuelle. Une œuvre critique mais aussi qui renoue avec une exigence picturale où la technique replace leur travail au cœur de leur création.

JACQUES MONORY : Tableau à Vendre n°3, 1976, Huile sur toile, 92 x 65 cm © Adagp, Paris, 2025 © Jérôme Combe / AfA
Cette exposition est organisée en partenariat avec Eur’Art, fonds de dotation pour la création européenne, La Fabrique Centre d’Art, ainsi que par les musées des Beaux-Arts de Dole, de Chambéry, et le 21 Bis Mirabeau, espace culturel départemental des Bouches-du-Rhône, dans lesquels elle a déjà été accueillie, et, le musée de l’Hospice Saint-Roch d’Issoudun dans lequel elle sera prochainement exposée.

VALERIO ADAMI : Figura di donna in inferne con poltrona - Figure d'une femme infernale avec un fauteuil 23/02/1969 et 17/07/1969 (dates du dessin puis de la peinture), acrylique sur toile, 198 x 147 cm © Adagp, Paris, 2025 © Jérôme Combe / AfA Production

GUÐMUNDUR GUÐMUNDSSON FERRÓ DIT ERRÓ : Boschflooded 1964, acrylique sur toile, 201 x 101 cm © Adagp, Paris, 2025 © Jérôme Combe / AfA Production
POURQUOI UNE TELLE EXPOSITION EST-ELLE PERTINENTE AUJOURD’HUI ?
Ce retour sur la Figuration Narrative des années 1970 s’inscrit dans la continuité d’importantes expositions collectives, notamment celle présentée en 2008 au Grand Palais. Elles ont distingué non pas seulement les artistes majeurs qui lui ont donné ses lettres de noblesse, mais la force collective qui les unit.
À la différence d’autres courants artistiques du 20e siècle, elle ne repose pas que sur un préalable esthétique, mais plus fondamentalement sur le rapport à l’image comme vecteur d’une contestation du consumérisme et d’un impérialisme économique planétaire.
Cet engagement garde aujourd’hui son actualité au sein de notre société parcourue par de profonds boulversements.
Pierre Gaudibert, conservateur au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, qui a soutenu ce mouvement, écrivait alors : « La peinture n’aurait-elle pas elle aussi le droit de traiter comme Godard de"deux ou trois choses que je sais d’elle…" de la violence dans un monde qui prétend à une rationalité technique croissante ?».

GUÐMUNDUR GUÐMUNDSSON FERRÓ DIT ERRÓ : Mongolia 1977, huile sur toile, 98 x 78 cm. De la série Tableaux Chinois © Adagp, Paris, 2025 © Jérôme Combe / AfA Production

GILLES AILLAUD : Python dans l'eau, 1976 Huile sur toile, 88 x 115 cm © Adagp, Paris, 2025 © Jérôme Combe / AfA Production
QU'EST-CE QUE LA FIGURATION NARRATIVE ?
La Figuration Narrative est un courant qui s’inscrit entre deux expositions phares :
«Mythologies quotidiennes I » (1964) et « Mythologies quotidiennes II » (1977), toutes deux placées sous le commissariat de Gérald Gassiot-Talabot. Les œuvres conçues se distinguent de la bande-dessinée en restituant, par la présence d’une image unique, la complexité et la force expressive de la narration d’un événement circonscrit dans le seul espace de la toile.
Pour y parvenir, les artistes associent le plus souvent des images issues de la société contemporaine et des médias (photographies, revues, bandes-dessinées, etc.). L’œuvre ainsi obtenue par l’association d’images au contenu distinct, voire dissemblable, est porteuse d’un sens nouveau que l’observateur peut s’approprier.

GÉRARD FROMANGER : Midi et demi - Série Boulevard des Italiens, 1971 Huile sur toile,
100 x 100 cm © Jérôme Combe / AfA Production
QUEL EST SON POSITIONNEMENT
FACE AU POP ART AMÉRICAIN ?
« Remarquons ici que les artistes de la Figuration Narrative ne sont pas tombés dans le piège du didactisme inspiré de Bertolt Brecht.
Tous très marqués de la "pensée 68", en particulier par les thèses d’Herbert Marcuse, ils ont compris que le potentiel subversif de leurs œuvres devait tenir dans leur dimension esthétique. » affirmeJean-Luc Chalumeau, historien et critique d’art ayant
vécu de près les événements de cette période.
La France perdait alors sa place centrale dans l’art occidental au profit de l’Amérique qui s’imposait notamment avec le Pop Art, largement exporté et proche des mêmes thèmes sociétaux.
Il fallait alors affirmer sa singularité face à ce puissant soft power, notamment par la dimension critique portée par les artistes de la Figuration Narrative.

PETER SAUL : Dog, 1964 Huile sur toile, 131 x 140 cm © 2025 Peter Saul / ADAGP, Paris © Jérôme Combe / AfA Production

GÉRARD SCHLOSSER : Il m’avait pourtant bien dit au café du port... 1970 Acrylique sur toile sablée, 146 x 114 cm © Adagp, Paris, 2025 © Jérôme Combe / AfA Production
